Trois salles de classe construites en 1976 menacent de s'effondrer
À l’école Serigne Issa Déme de Nguinth, le danger guette trois salles de classes, érigées en 1976 par les parents d’élèves, présentent des signes évidents de dégradation avancée et pourraient s’écrouler sous le poids du temps et de l’âge. Chaque classe reçoit en moyenne plus de 80 élèves par année scolaire, une situation qui complique davantage la sécurité et le répit pédagogique des élèves et du personnel. Le directeur de l’établissement, Jean Mendy, a joint le Comité de Gestion de l’école pour tirer la sonnette d’alarme face à cette détérioration manifeste. Après observation, il souligne que l’établissement bénéficie du soutien du maire de la commune de Thiès-Nord, Mamadou Diakhaté, qui a d’ores et déjà lancé la construction de six blocs sanitaires. « Je rends grâce à Dieu, vraiment j’ai trouvé la structure dans un état extraordinaire. Cela ne veut pas dire que mes prédécesseurs n’ont rien fait mais il y avait une léthargie », dit-il, ajoutant que « la sécurité routière est aussi prise en compte avec des dos-d’ânes et des panneaux de signalisation ». Le maire accompagne l’école au-delà du strict financement annuel, mais le problème demeure colossal: « ces trois salles sont humides et vétustes dans un état de délabrement avancé. Le maire a prévu de réhabiliter deux salles de classe, mais la question dépasse largement la réhabilitation, car il faut démolir ». Face à cette réalité, Mendy lance un appel pressant à la participation citoyenne afin que chacun verse des ressources et permette à des partenaires et mécènes de s’impliquer pour mettre fin à ce qu’il décrit comme la « saignée » et prévenir « le risque de catastrophe imminent ». Mouhamadou Sarr, président du Comité de Gestion de l’école Serigne Issa Déme, confirme le constat et apporte des précisions sur les actions menées depuis 2024. « Nous sommes élus depuis 2024 et nous avons réalisé beaucoup de travaux : réfection des blocs sanitaires, construction de bancs publics pour que les enfants puissent passer la récréation dans de meilleures conditions, et réfection du crépissage du mur de clôture qui était dans un état pitoyable », énumère-t-il. L’appel à l’aide ne se limite pas à des travaux matériels: « nous lançons un appel à tous les foyers religieux et hommes politiques, toutes obédiences confondues, de nous aider à construire de nouvelles salles de classe ». Le délégué de quartier, Ibrahima Gaye, retrace quant à lui l’historique des bâtiments. « C’est au moment où j’allais regagner l’armée que l’école a inauguré ces salles de classe; cela fait pratiquement 45 ans. Il est normal que le poids de l’âge les frappe », affirme-t-il avant d’interpeller les autorités et les acteurs locaux: « nous demandons au maire Mamadou Diakhaté, au ministre Birame Souleye Diop, au ministre Jean Baptiste Tine, au ministre des Forces armées Général Birame Diop, aux fils et filles de Nguinth, à l’église catholique, aux marabouts et à la diaspora de venir mouiller le maillot pour la bonne cause et aider nos enfants à étudier dans les meilleures conditions possibles ». Dans ce contexte, l’école appelle à un soutien collectif. Les responsables évoquent la nécessité d’une démolition suivie d’une reconstruction pour assurer la sécurité des élèves et du personnel, tout en répondant à l’augmentation du flux d’élèves environ 1 036 élèves accueillis annuellement dans des conditions difficiles.
L’urgence est donc double: sécuriser l’espace existant et traduire en actes concrets le transfert des promesses en réalisations durables.
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Kaw Oumar Sarr