Je suis venu ici en 2010 avec comme métier, conducteurs de motos Jakarta. Je gagne trois 300000 Fcfa par mois et j'envoie de l’argent à mes parents. Thiès est pour moi l'Italie
Depuis leur entrée dans le transport en commun en 2009, les motos Jakarta, au nombre de plus 15000 à Thiès, assurent le transport de leurs clients, avec tous les risques que leur état présente. Certains concitoyens les considèrent cependant comme des hors la loi. Parce que leurs conducteurs ne disposant d’aucune pièce afférente à la conduite, encore moins de carte à grise et d’assurance. En plus, ils refusent des fois de payer la taxe municipale.
L’ancien préfet de l’époque, Omar Baldé, avait entamé des pourparlers pour leur régularisation. Une opération rendue difficile par les politiques qui y voyaient un amenuisement de leur électorat. D’ailleurs certains avancent que ce transport procurerait sept à huit mille francs à son propriétaire, la demi-journée même si les populations ont applaudi cette trouvaille qui s’ajoute au décor du transport urbain à Thiès, avec malheureusement, son lot d’accidents souvent mortels. A cet effet, une salle dénommée « Salle Jakarta » a été installée à l'hôpital régional de Thiès pour accueillir leurs victimes.
Laisser aux autorités compétentes le soin de prendre les mesures idoines
Un des moniteurs de conduite Boubacar Diarra renseigne sur la nature de ces sinistres. « Les causes des accidents sont dus au non respect du Code de la route mais aussi, du manque de formation et de discipline de certains d’entre les conducteurs. Ce que constatant et en collaboration avec les autorités, nous avons pu former plus de 1000 jeunes. Ce qui fait que depuis, il y a eu moins d'accidents ». Néanmoins, Boubacar Diarra indique qu’il faudra que ces conducteurs régularisent leur situation. Un agent de police confie que « la moto Jakarta est un outil de délinquance pour la plupart des conducteurs, au regard des nombreuses plaintes enregistrées au niveau de nos commissariats pour agressions, vols à l'arrachée, harcèlement sexuel, entre autres délits. Au regard de ces faits, nous estimons qu’il faut laisser aux autorités compétentes, le soin prendre les mesures idoines ».
Selon notre interlocuteur, il y aurait plus de 2000 motos Jakarta en porte-à-faux avec la loi. Un cri de cœur des victimes a été entendu par les autorités actuelles qui ont pris toutes les dispositions nécessaires pour régulariser ce transport à deux roues. Mais force est de reconnaître que les choses ont pris une autre tournure grâce à la touche du préfet Fodé Fall. Lequel qui a inscrit dans son agenda « rigueur et discipline dans ce transport, pour que ces conducteurs soient en règle ».
L’autorité préfectorale aurait instruit des contrôles très sévères. A l’encontre des « empêcheurs de dormir ». Avant lui, le préfet Alioune Badara Samb exigeait des conducteurs d'arrêtés leurs activités à partir de 20 heures et ce, afin de lutter contre les agressions et autres délinquances. Malheureusement ces mesures bien ratifiées par les textes n’ont pas eu l’effet escompté.
Grâce à la touche du préfet Fodé Fall, les choses semblent aller dans le bon sens
Grâce à la touche du préfet Fodé Fall, les choses semblent aller dans le bon sens. C’est ainsi que de nos jours, nous assistons à l'élimination de certains conducteurs par la voie légale. Pour sa part, le commandant du corps urbain dit exécuter les ordres de la hiérarchie. « Je me réjouis de la situation actuelle parce que nous travaillons de concert avec les services concernés et le résultat est satisfaisant ». Aujourd'hui nous voyons que certains conducteurs de moto Jakarta commencent à disparaître du paysage du transport urbain.
Un conducteur du nom de Pape Ndiaye reconnait que bon nombre de ses camarades sont sans qualification professionnelle et sans métier. « Ce qui nous a conduit à utiliser ce moyen de locomotion pour notre survie. J’ai commencé à conduire une moto taxi en 2013 et aujourd'hui j'y fais un bonhomme de chemin car je suis parvenu à gagner assez pour ouvrir un magasin de vente de produits cosmétiques. J’ai une fois été arrêté par la police pour contrôle, heureusement que j’étais en règle ».
Pape Ndiaye raconte que le jour où il a décidé de vendre ses motos, c’est quand il a été victime d'agression. « Alors, j’ai regagné mon magasin, je me suis marié et la vie est belle ». Pour ce jeune Guinéen, le Sénégal est un bon pays. « Je suis venu ici en 2010 avec comme métier, conducteurs de motos Jakarta. Je gagne trois 300000 Fcfa par mois et j'envoie de l’argent à mes parents. Thiès est pour moi l'Italie ». Un autre soutient que pour pouvoir conduire un de ces engins, il faut avoir au minimum 18 ans, un permis de conduire A1, carte grise et souscrire une assurance ».
Nous avons rencontré un conducteur en règle qui ne cessait de sauter de joie. « Tout simplement parce que je suis en règle, donc très à l’aise. Je travaille et gagne bien ma vie avec ma moto, contrairement à certains de mes collègues régulièrement mis en fourrière par les services de contrôle. Moi je passe sans aucun souci. Il me suffit de brandir toutes les pièces que l'agent de police me demande ». En bon citoyen dit-il, il invite ses collègues conducteurs à régulariser leur situation, « ce qui leur permettra d'être en phase avec la loi », a-t-il conclut.
Je suis venu ici en 2010 avec comme métier, conducteurs de motos Jakarta. Je gagne trois 300000 Fcfa par mois et j'envoie de l’argent à mes parents. Thiès est pour moi l'Italie
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Kaw Oumar Sarr