Publication Rapport alternatif de la société civile sur les ODD au Sénégal : pour
une participation citoyenne réelle et des politiques publiques centrées sur les
besoins des populations
À l'occasion du Forum Politique de Haut Niveau sur le Développement Durable de
2026 qui se tient à New York au siège des Nations Unies du 07 au 16 Juillet, la
Commission Nationale des Acteurs de la Société Civile pour le Suivi de la Politique
Économique et Sociale (CASC) publie le Rapport alternatif de la société civile
sénégalaise sur l'état de mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable
(ODD) au Sénégal.
Ce rapport, issu d'un vaste processus de consultations d'organisations de la société
civile, met en évidence des progrès significatifs dans l'accès à l'électricité et le
développement des partenariats, mais révèle également des retards préoccupants
dans les domaines essentiels touchant directement les conditions de vie des
populations.
La société civile constate avec inquiétude que seulement 27 % de la population
bénéficie d'un accès sécurisé à l'eau potable et que seulement 30 % dispose d'un
assainissement sécurisé. Malgré les progrès réalisés, l'accès à l'eau demeure un défi
majeur, particulièrement dans les zones rurales et périurbaines où les populations
continuent de supporter les conséquences de services insuffisants ou coûteux.
De même, si le Sénégal affiche un taux d'accès à l'électricité de 84 %, le coût élevé
de l'énergie continue de peser lourdement sur les ménages et les activités
économiques. La société civile considère que l'exploitation des ressources pétrolières
et gazières nationales doit se traduire par une réduction significative du coût de
l'électricité et par un accès plus équitable aux services énergétiques sur l'ensemble du
territoire.
Le rapport souligne également la persistance des difficultés liées au logement
abordable, à la précarité de l'habitat et aux fortes disparités territoriales qui touchent
particulièrement les populations les plus vulnérables.
Au-delà des défis sectoriels, la société civile dénonce avec fermeté le déficit persistant
de participation citoyenne dans les processus de formulation, de mise en œuvre et
d'évaluation des politiques publiques. Trop souvent, les organisations de la société
civile sont sollicitées uniquement pour valider des décisions déjà arrêtées ou pour
satisfaire aux exigences formelles de consultation imposées par certains partenaires
internationaux.
Cette situation réduit malheureusement la participation des acteurs non étatiques à un
simple rôle de faire-valoir, sans possibilité réelle d'influencer les orientations
stratégiques ni de voir leurs recommandations prises en compte dans les décisions
publiques.
La société civile rappelle qu'une participation effective suppose l'implication des
citoyens et de leurs organisations dès les premières étapes de conception des
politiques publiques, l'accès aux informations pertinentes, la prise en compte des
contributions formulées et l'existence de mécanismes de redevabilité permettant de
mesurer l'impact réel de cette participation.
À cet égard, la société civile appelle le Gouvernement du Sénégal à respecter
pleinement les principes internationaux qui encadrent les processus participatifs,
notamment ceux consacrés par l'Agenda 2030, le principe de « ne laisser personne
pour compte », le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert ainsi que les
engagements internationaux relatifs à la transparence, à la participation et à la
redevabilité.
L'accélération de la réalisation des ODD au Sénégal passera nécessairement par un
changement de paradigme : une participation citoyenne véritable, un accès universel
à l'eau sécurisée, un logement digne pour tous et une énergie abordable au service
du développement humain et économique.
La société civile sénégalaise demeure mobilisée pour contribuer à cette
transformation, dans un esprit de partenariat fondé sur le respect mutuel, la
transparence et la co-construction des politiques publiques.
Pour la Commission Nationale des Acteurs de la Société Civile pour le Suivi de la Politique
Le partage de l'info


Kaw Oumar Sarr